mardi 8 juillet 2008
The World's End
Par meta, mardi 8 juillet 2008 à 05:57 :: Blog

(perdu dans une étable de chevaux infréquentables)
Loin de moi toute idée de vouloir idéaliser Camden Town...non je déconne, la chose est à idéaliser, la chose mérite qu'on se prosterne à ses pieds, qu'on se racle joyeusement les genoux sur les flaques d'eaux encore souillées de chicken noodles à £3 et de fientes oubliées de pigeons embourbés de mauvaises vies, car oui, l'Endroit, le Lieu, le Temple du Vice, l'Enfer des Portefeuilles, la Mecque du Vintage (tout du moins à ma connaissance) c'est Camden Town ! Qu'on ne me parle plus du Marais, du Marché aux Puces, des friperies de bas-étages et toutes ces cochoncetés.
Je me suis levé dimanche avec une impression de jambes coupées; mon périple londonien de la veille fut plus intense que je ne l'imaginais et j'aurai tendance à croire qu'à force d'éthèrances hallucinées mon corps finira par me détester officiellement. Giuseppe et Lena m'ont proposé de m'accompagner à Camden Town pour m'épargner certaines perditions, car il n'est, entre autre, pas superflu de préciser que l'endroit est tout à fait énorme, qu'il s'étale sur des rues entières, des excavations secrètes, dans un ancien hôpital pour chevaux et qu'il est de bon ton de préférer la découverte sobre et disciplinée à l'excitation frénétique qui risquerai de sonner le glas de mes bonnes relations avec ma banque; bref tout un programme.
Retour à Maryland, on prend le DLR qui nous emmène à Liverpool Street. Lena insiste pour nous payer un café, puis direction la Northen Line. Arrivés à Camden Town, on fait la queue devant le distributeur (ils sont toujours autant sollicités quel que soit le quartier), j'en profite pour voir si ma carte marche à nouveau, ce qui heureusement est le cas et retire modestement £20. Giuseppe me glisse à l'oreille qu'il vaudrait quand même mieux que je fasse gaffe à mes poches. Et la découverte se fait.
Il va de soi que nous n'avons pas tout regardé et que je ne sais pas du tout par quoi commencer, l'abondance à ses défauts. Autant dire que ma première vision fut celle du Camden Town Market qui regorge de t-shirts, de vestes, d'accessoires qui ne vont avec rien mais qui ont le mérite d'être regardés et raillés. Rock, Punk, Emo, Goth et je ne sais quoi d'autre, il y a de tout, même des trucs dis vintage incroyablement bien pliés et rangés dans des protections en plastiques qui, à mon humble avis, n'ont encore jamais été ouvertes. Mais à moi on me l'a fait pas, et puis quoi encore, peuh (crachat sur le clavier).
Un peu plus loin les immeubles deviennent colorés, arborent des enseignes complètement barrées (Doc Martens géantes, dragon psyché, tête de mort moche, etc), l'endroit est noir de monde, des originaux se baladent sans complexe, des bulles géantes flottent parmi les passants, ça gueule de partout et moi je me sens comme un trop straight dans tout ce bordel. Alors pour une raison qui m'échappe, je décide de m'acheter pour la première fois de ma vie un couvre-chef. Constatant que j'avais l'air assez bizarre avec, je marchande et baisse le prix à un niveau acceptable, et sort fier de mon acquisition.
Lena nous amène a l'Horses Hospital, qui n'est autre que le pendant plus ou moins souterrain de ce qu'il se passe à la surface. On y trouve des chevaux sur lesquels on ne peut pas monter, au fil des avancées autour et entre les tentations inutiles et superficielles, remarquables et parfois d'un certain mauvais goût, on se prend à rêver et l'on déchante parfois quand on réalise qu'une bonne pelletée des merveilles ne sont, encore une fois, que de fausses-vieilleries tenues par des chinois, Barbes serait-il arrivé jusqu'ici ?
L'honneur est pourtant sauf, car il y a matière à chiner, il y a de quoi se faire devancer par ses pensées devant tout ce choix et je me rappelle encore avoir même voulu acheter des vinyles alors que je n'ai même pas la place, à Paris, d'en posséder le lecteur adéquate, tout ça parce que c'est beau à voir, tout ça parce que c'est cool les vinyles, tout ça pour la montre.
Une fois que Lena en a eu marre de me voir trépigner comme un gosse, parce que elle, Lena, elle connait maintenant, on a bravé la foule d'imbéciles déguisés et la faim empirique m'a fait acheter une barquette de nouilles japonaises à £2, prix louche à souhait, maux d'estomacs post-mangeaille au rendez-vous. L'imbécilité est parfois trop évidente.







